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Le premier vol transatlantique

A la question du premier vol transatlantique, tout le monde répond Lindbergh. Mais la vraie réponse est plus confuse que cela. Tout est question de définition.

Ainsi :

  • La première traversée de l’Atlantique nord fut réalisée en mai 1919 par l’américain Albert Cushing Read sur un hydravion bimoteur, le Curtiss NC-4. Parti de Long Island, il rejoint Plymouth après un périple de 23 jours et des escales à Cape Cod, Terre-Neuve, aux Açores et à Lisbonne.

Curtiss-NC-4

  • Quelques semaines plus tard, les 14 et 15 juin, Alcock et Brown réalisèrent le premier vol sans escale en reliant Terre-Neuve à l’Irlande sur un Vickers Vimy IV.
  • La première traversée d’Est en Ouest sans escale fut réalisée par le dirigeable Type 33 de la William Beardmore and Company. Parti d’East Fortune en Écosse le 2 juillet 1919, il arriva à Long Island le 6 juillet.
  • Les 20 et 21 mai 1927, Charles Lindbergh réalisa la première traversée New York – Paris sans escale sur le Spirit of Saint Louis.
  • Le premier vol transatlantique commercial fut celui du LZ 127 Graf Zeppelin du 11 au 15 octobre 1928, entre Friedrichshafen et Lakehurst.

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Le Ryan « Spirit of Saint Louis »

En 1926, le jeune Charles Lindbergh assure, avec ses deux confrères de la Robertson Aircraft Corporation, le service postal aérien entre Saint Louis et Chicago à bord de vieux de Havilland récupérés de la première guerre. A bord de ces vieux appareils, le jeune Lindbergh rêve de performance, notamment de ce fameux Bellanca… Il pourrait transporter le courrier jusqu’à New-York. Il pourrait battre des records, traverser l’Atlantique… Et pourquoi pas ? A vingt-cinq ans et presque deux mille heures de vol, Lindbergh se sent capable d’un tel vol.

Il passe rapidement du rêve à l’étape de préparation du vol. Si les finances ne suffisent pas, ce fameux prix Orteig de deux mille dollars pour la première traversée sans escale devrait permettre de rembourser toutes les dettes.

Contre l’avis de beaucoup personnes consultées, Charles est persuadé de la validité de son choix de traverser l’océan Atlantique avec un monomoteur terrestre. Il fait partie de toute une cohorte de pilotes décidés à vaincre l’océan.

Après de nombreuses et infructueuses démarches auprès de la Wright Aviation Corp. pour obtenir ce fameux Bellanca, Charles Lindbergh prend contact avec une petite société de San Diego qui jouit d’une bonne réputation dans le monde du service postal, Ryan Airlines. La société, très intéressée par ce vol, lui fournira l’avion, un Ryan M-2 modifié, pour dix mille cinq cent quatre-vingts dollars. Conçu spécialement pour ce vol, le « Spirit of Saint Louis » n’offrira à son pilote aucune visibilité vers l’avant. Un énorme réservoir supplémentaire est en effet installé entre le pilote et le moteur.

Spirit-of-Saint-LouisDans la course au poids, Lindbergh refuse tout instrument de bord, juste un compas à induction terrestre, jusqu’à partir sans parachute. « Cette boîte a été dessinée de façon à ne gaspiller aucun gramme de poids ni de résistance. Je puis en toucher les deux cotés rien qu’en écartant un peu les coudes. Le tableau de bord est facilement accessible et une nervure du plafond a été légèrement incurvée pour laisser place à mon casque. Il y a suffisamment d’espace, ni trop, ni pas assez. Mon poste de pilotage a été fait sur mesure, comme un habit. » écrira Lindbergh dans son livre.

Engagé un peu tard dans la course, Lindbergh commence à envisager une traversée du Pacifique mais les malheurs de ses concurrents lui permettent de poursuivre son projet quelque peu précipité. L’avion sera construit en deux mois. Avec une escale à Saint Louis pour finaliser la préparation du vol, sa traversée des Etats-Unis constitue déjà une première.

Après cet exploit, la vie de Charles Lindbergh dans l’aéronautique sera des plus inattendues. Après s’être battu courageusement dans le Pacifique malgré son pro-germanisme affiché, son nom est, notamment, associé à la lutte contre les avions supersoniques commerciaux Concorde et SST américain, dont le projet fut abandonné en 1971.

Après avoir effectué une longue tournée aux Etats-Unis et en Amérique centrale, le « Spirit of Saint Louis » est maintenant exposé au musée de Washington à coté du Flyer, le biplan des frères Wright.

Bibliographie