Les ailes d’Icare

S’il est vrai que les fantasmes humains retrouvent leur expression dans les nombreuses et diverses mythologies, celui de la maîtrise des airs y figure toujours en très bonne place.

De la mythologie grecque, tout le monde connaît la malheureuse aventure d’Icare.

Dédale et son fils Icare, enfermés dans le Labyrinthe de Crète élaboré par Dédale lui-même pour y enfermer le Minotaure, tentèrent de s’en sortir par la voie des airs. Ils réalisèrent, à cette fin, des habits de plumes collés à leurs corps à l’aide de cire. Cependant, Icare s’approchant de la chaleur meurtrière du Soleil, celle-ci devait malheureusement fondre et le précipiter vers la mer. Dédale eut plus de chance et réussit à rejoindre Naples par la voie des airs.

Si ce récit n’est que pure légende, il ne découragea pas de nouvelles tentatives. Ce n’est qu’au cours du XVIIe siècle, les progrès de la médecine aidant, que l’on admit l’impossibilité physiologique du corps humain à voler. En effet, en dépit même de l’inexistence d’ailes, qui, en soi, est déjà rédhibitoire, tout le système cardio-pulmonaire s’avère en effet largement sous dimensionné pour pouvoir accomplir une telle tâche. L’italien Giovanni Borelli le formalisa en 1680 dans son traité « De Motu Animalium ». Malgré ce constat, de nouvelles tentatives virent encore le jour. Ainsi, le marquis de Bacqueville s’élança t’il un jour de printemps 1742 du haut de la terrasse de son hôtel parisien pour se casser une jambe en tombant sur un bateau au milieu de la Seine. On citera aussi Otto Lilienthal et ses tentatives répétées qui jetèrent les bases des planeurs et Clément Ader qui, après une étude du vol des cigognes, construisit, à l’âge de quatorze ans, son Oiseau avant de faire s’élever du sol le premier plus lourd que l’air, l’Eole.


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