Les ailes d’Otto Lilienthal

C’est dans les dix dernières années du XIXe siècle que l’ingénieur allemand Otto Lilienthal réalisa quelque deux mille vols planés à partir d’une colline artificielle de trente mètres de haut près de Berlin sur des distances allant jusqu’à trois cent cinquante mètres.

Le professeur Karl Mullenberhoff décrira clairement la technique de vol: « On court, en abaissant les ailes, contre le vent. Au moment convenable, on relève un peu la surface de sustentation, de manière à la rendre à peu près horizontale, et l’on cherche dans l’air, pendant le planement descendant, à donner par tâtonnement au centre de gravité une position telle que l’appareil soit projeté rapidement en avant, mais descende aussi peu que possible. »

Otto LilienthalUn néophyte décrira son expérience : « Je restais quelques moments immobile et face au vent, pour m’habituer à la machine; puis, Lilienthal me dit d’avancer. Je courus lentement contre le vent; le poids de la machine diminuait à chaque pas; je sentis la force qui me soulevait. Immédiatement après, mes pieds quittèrent le sol, et je glissais le long de la pente, à un ou deux pieds du sol. L’appareil s’inclinait passablement d’un côté à l’autre, mais je réussis à atterrir sain et sauf à ma grande satisfaction. On éprouve, en glissant ainsi dans l’air, une sensation délicieuse et tout à fait indescriptible. »

Ces vols, mettant en oeuvre les techniques assez primaires du cerf-volant sans ficelle – remplaçant la ficelle par la force de la pesanteur – , ressemblent davantage aux vieux fantasmes de l’homme d’imiter les oiseaux qu’à une approche rigoureuse des phénomènes aérodynamiques. Son approche a cependant été reprise dans l’exploitation des deltaplanes modernes.

Ajout du 31 mai 2016 : A partir de toutes les photographies réalisées à l’époque, une équipe a réussi à décliner une version animée des tentatives d’Otto Lilienthal.


Une réflexion au sujet de « Les ailes d’Otto Lilienthal »

  1. Oui parce que le vieux fantasme voler comme un oiseau n’a rien à voir avec les pilotes d’avions, eux font du sérieux, approuvé, tamponné, des choses sérieuses quoi. Quand on voit le travail de Lilienthal et quand on sait qu’il était sur le point de mettre un moteur sur ses planeurs qui atteignaient 15 de finesse avant de mourir on peut imaginer que les pionniers de l’aviation auraient mis un peu moins de temps à avancer s’il avait eu le temps.. Plutôt que de s’acharner à fabriquer toutes sortes de châteaux de cartes avec comme seul vrai soucis la puissance du moteur(si c’est pas du cerf volant sans ficelle).. non on ne peut pas parler de technique de cerf-volant sans ficelle, il faut avoir vu son étude sur les oiseaux (les frères wright l’ont-ils lu?). Quand au delta c’est il fait avancer l’aviation sans aucun doute ! d’abord les rogallo, puis les ULM, puis les rigides, les rigides transformés en planeur UL, classés ULM et enfin l’aviation est accessible, voir le swift aeriane, l’AL12 aeros, l’Archaeopteryx ruppert.. C’est là que ça bouge, Decoller à pied c’est un challenge. Et on peut s’incliner devant les défis encore plus audacieux comme le vol solaire électrique, le vol musculaire, voila des choses pas sérieuses et qui font rêver.. et puis allez d’accord ce sont des cerfs volants sans ficelle, accrochez un concorde à quelques gros câble c’est sur qu’on peut en faire un cerf volant.

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