Le De Havilland Comet I

L’immédiat après-guerre voit, avec la renaissance de l’aviation civile, la naissance du transport aérien civil à réaction. Le pionnier de cette ère est anglais. Un cahier des charges, rédigé en décembre 1942 par le ministère de l’air en prévision de l’évolution du transport aérien, définit un avion postal doté de réacteurs, d’une cabine pressurisée et d’une capacité de charge d’une tonne de fret. Sous le nom de « Brabazon Typ 4 », la société de Havilland Aircraft Company entame des études en vue de répondre à celui-ci. Ce projet évolue vers la fin de la guerre pour devenir un avion de transport de passagers. Le premier prototype apparaît en mai 1946. Avant d’être lancé sur le marché, il subira quelques évolutions qui allongeront sa carlingue. Le D.H.106 Comet I assure dès le mois de mai 1952 le premier service aérien régulier assuré par des jets.

D’une capacité d’embarquement de trente deux passagers, cet appareil, s’il ne permet pas de liaison transatlantique, assure une parfaite couverture de l’empire colonial britannique de l’époque notamment la liaison Londres – Johannesburg. Sa vitesse permet alors de réduire de moitié le temps de tels vols.

Alors que neuf exemplaires furent déjà mis en service sous les couleurs britanniques de BOAC et que les compagnies aériennes mondiales s’apprêtent à signer de nombreuses commandes, trois catastrophes, survenues entre mai 1953 et avril 1954, mettent un terme irrémédiable à sa carrière. Si les causes du premier accident, survenu pendant une tempête de mousson, ont pu sembler douteuses, celles des deux suivantes, au-dessus d’une mer Méditerranée calme, ne permettent plus le doute et révèlent un vieillissement prématuré de la carlingue. L’appareil se verra alors interdire tout décollage. Cette usure, due aux cycles compression – décompression liés à la pressurisation de la cabine, sera source de longues investigations lors du développement de Concorde.

Si la société réussit, avec l’introduction sur le marché du Comet 4, la première transatlantique commerciale par jet le 4 octobre 1958, la bataille avec l’américain Boeing et son B707 est définitivement perdue. Les soixante-quinze exemplaires produits ne serviront qu’à des trajets de courte et de moyenne distances. Dans les années soixante-dix, on pouvait encore trouver en un exemplaire sur l’aéroport de Heathrow à des fins de formation du personnel.

La société De Havilland sera nationalisée en 1961 sous le nom de Hawker Siddeley Corporation. Mais grâce à son prestigieux passé dans l’aviation postale américaine, sa production continuera à y être commercialisée sous son nom d’origine.


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