Archives de catégorie : espace

Le radiotelescope spatial Hubble

Lancé le 24 avril 1990, le radiotéléscope spatial Hubble est un programme développé par la NASA avec une participation de l’Agence spatiale européenne (ESA). Le premier du genre, il fut plein de promesses. Quelques dégâts subits au lancement de celui-ci ont malheureusement rapidement dû réduire certains objectifs d’organisation au second plan.

Radiotelescope HubblePrès de vingt ans plus tard et réparé en orbite pour la dernière fois voici six mois, le télescope spatial Hubble vient tout juste d’être déclaré opérationnel par la NASA. Non seulement les éléments en panne, ou vieillissants – logiciels, gyroscopes, électronique de bord, etc – ont été changés, mais les astronautes ont aussi réussi à réparer ses instruments scientifiques qui étaient tombés en panne les uns après les autres et enfin, ont installé au foyer de l’instrument de nouveaux instruments très performants.

Au final, c’est un télescope « dopé » à l’opto-électronique qui vient d’être remis en service. Après son passage à la fontaine de jouvence, en effet, le télescope offre aux astronomes une plus grande sensibilité, un plus grand champ et une vision étendue depuis l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge.

Jamais, depuis son lancement voici près de 20 ans, le télescope spatial n’a été aussi puissant. La NASA espère maintenant que Hubble sera opérationnel pendant encore cinq ans environ, afin de faire la jonction avec son successeur, le télescope James Webb.

Le V2, l’autre invention de Wernher von Braun

Alors que l’on célèbre les quarante ans des premiers pas de l’homme sur la Lune, on ne peut s’empêcher de penser à ce que serait devenu le monde si le résultat des travaux de Wernher von Braun avait été mené à son terme plus tôt.

En effet, traversant une grande partie du XXème siècle, le parcours de Wernher von Braun est exceptionnel mais reste ambigu. Il a été amené à travailler sur les projets fondateurs de l’industrie spatiale, de l’ancêtre des missiles balistiques que furent les V1 et V2 allemands au début des années 1940 à la fusée Saturn V grâce à laquelle les américains fouleront le sol lunaire en juillet 1969. L’histoire de Wernher von Braun restera entachée par les conditions dans lesquelles les V2 ont été fabriqués et l’usage auquel elles étaient destinées. Dotées de faibles charges et peu précises, leur fabrication aurait en effet fait davantage de morts que leur utilisation. Cependant, ces vecteurs auraient pu se montrer bien plus dévastateurs avec des charges non conventionnelles.

Face au savoir faire accumulé, le pragmatisme américain passera avant un éventuel devoir de justice et Wernher von Braun, au lieu d’être inquiété, sera généreusement accueilli aux Etats-Unis pour y poursuivre ses travaux. Ainsi, les V2 resteront la base de nombreux essais américains jusque dans les années 1950. Wernher von Braun participera par la suite au programme Apollo de la NASA en concevant la fusée Saturn V.

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Il y a 40 ans l’homme marchait sur la Lune…

Nous célébrons aujourd’hui le 40ème anniversaire des premiers pas humains sur notre satellite, La Lune. Mais pour extraordinaire que soit cette aventure, peut-on vraiment encore prendre la mesure de cet exploit à une époque où prendre l’avion est devenu aussi banal que de prendre son vélo et où le moindre de nos téléphones portables renferme sans doute une puissance de calcul supérieure à celle embarquée pour ce vol mythique ? A une époque où la moindre voiture est bardée de capteurs et de calculateurs pour une prévention des risques et une sécurité maximales, on a du mal à imaginer l’équipement qui nous paraîtrait aujourd’hui plus que rudimentaire ayant cependant permis cet exploit.

Apollo 11A n’en pas douter, cette date du 25 juillet 1969 fera partie des livres d’histoire au même rang que les premiers travaux d’imprimerie de Gutenberg en 1451 ou la découverte du Nouveau Monde en 1492.

Il faut voir le film In the shadow of the moon de David Sington fourmillant des petits détails anecdotiques nous donnant une vision décalée de cet exploit et de l’ensemble de la campagne de vols Apollo.

LCROSS : la NASA retourne sur la Lune

A un mois du quarantième anniversaire des premiers pas humains sur la Lune, une mission passe pratiquement inaperçue en 2009.

En effet, lancé assez discrètement le 18 juin 2009, LCROSS marque un retour vers le satellite de la Terre.

lcrossMission entièrement automatisée et pilotée à distance, le Lunar Reconnaissance Orbiter et le Lunar Crater Observation and Sensing Satellite (LCROSS) ont été lancés en direction de la Lune par une fusée Atlas V pour une mission d’observation géologique. La mission de LCROSS est d’analyser les débris de Lune créés par l’écrasement d’un étage de sa fusée porteuse sur le sol lunaire dans la région polaire. En effet, en fin de mission, les deux modules iront s’écraser successivement près du pôle sud de la Lune afin de pratiquer une campagne de mesure des poussières rejetées lors de l’impact du premier module à la recherche, notamment, de traces de glace.

Signe des temps, LCROSS est une mission à coût et délai réduit qui utilise des composants standards choisis dans le commerce. Grâce aux technologies disponibles en 2009, cette aventure peut être suivie en temps réel sur les sites de réseaux sociaux tels que facebook ou twitter.

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Voyage galactique avec SpaceShipTwo

Inspiré notamment du Global Flyer ayant permis son tour du monde à Steve Fossett, Virgin Galactic fait développer et fabriquer actuellement une version SpaceShipTwo destinée à emporter 2 pilotes et 6 passagers dont le premier vol d’essai est prévu pour 2007 et dont les premiers vols commerciaux sont prévus pour 2008.

L’histoire a commencé le 20 mai 2003 avec le premier vol en automatique du SpaceShipOne de la société américaine Scaled Composites. Le 21 juin 2004, lors de son 15e vol, le piloté par le pilote d’essai et astronaute Mike Melvill, a atteint l’altitude historique de 100,095 km pour effectuer le premier vol privé dans l’espace. Le 4 octobre 2004, date anniversaire du lancement du premier satellite dans l’espace Spoutnik 1, il a gagné le Ansari X Prize en effectuant un second vol spatial cinq jours après le premier, en brisant du même coup le record d’altitude (328 000 pieds) de l’avion-fusée américain X-15. Le second vol devait être fait dans les deux semaines pour obtenir le prix.

La conception et la construction du SpaceShipTwo sont assurées comme pour son prédécesseur SpaceShipOne par Burt Rutan et sa société spécialisée dans les prototypes d’avions et de fusées Scaled Composites.

Développé et construit sous fonds privés et en grande partie financé par le milliardaire Paul Allen à raison de 20 millions de dollars, en dehors de tout cadre gouvernemental, cet engin a démontré la faisabilité de concevoir et de gérer un petit engin capable d’un très court séjour dans l’espace. Cette réussite inaugure l’ère du tourisme spatial.

Largué depuis son avion porteur le « White Knight » (baptisé ainsi en référence aux pilotes de X-15 de l’USAF, Robert Michael White et William Joseph Knight, qui dépassèrent la limite des 50 miles d’altitude à bord de l’avion-fusée dans les années 1960) décollant depuis le désert des Mojaves, le SpaceShipOne prend son envol depuis l’altitude de 16 000 mètres.

SpaceShipOne est exposé au National Air and Space Museum à Washington DC aux États-Unis depuis le 5 octobre 2005.

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Spoutnik

Dans la course acharnée à la conquête spatiale qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale et dont l’un des aspects fut la course pour Pennemünde, le centre de recherches spatial allemand et ses précieux chercheurs, créateurs des redoutables bombes volantes V1 et V2, l’URSS a, le 4 octobre 1957, remporté une victoire psychologique avec le lancement de Spoutnik I, le premier satellite artificiel de la terre.

D’un diamètre de cinquante-huit centimètres et d’un poids de quatre-vingt-quatre kilogrammes, Spoutnik I, tel un boulet de canon amorphe, effectuera quatorze cent révolutions. Ses deux émetteurs fourniront des données pendant trois semaines, date d’épuisement de leurs batteries. Son orbite basse, d’environ deux cent vingt kilomètres, a eu pour effet de le désintégrer au bout de quatre-vingt-douze jours.

Ce coup de force sera réitéré un mois plus tard avec le lancement de Spoutnik II, premier satellite habité par la chienne Laïka.

Cette lutte fratricide connaîtra un autre épisode en faveur de l’URSS. Le 12 avril 1961, Yuri Gargarine devient, à bord du vaisseau Vostok I, le premier homme à quitter la Terre et son atmosphère. Il effectue, à cette occasion, une révolution autour de la Terre à une altitude de trois cents kilomètres. Il sera suivi en 1963, par la première femme cosmonaute, Valentina Tereschkowa, âgée alors de vingt-six ans et, en 1965, par la première sortie spatiale effectuée par Alexei Leonov.

Cet affront relancera la course à la conquête de l’Espace et ne sera lavé par les Américains que par l’alunissage de la mission Apollo XI et les premiers pas historiques de Neil Armstrong, dans la mer de la Tranquillité, le 20 juillet 1969.

La station orbitale Mir

Depuis sa mise en orbite par un lanceur Energia en 1986 et après les nombreuses missions des stations Saliut, les équipages de la station orbitale Mir, véritable laboratoire orbital d’observation de la vie humaine hors gravité, battent régulièrement des records de longévité de séjour en apesanteur. On assiste alors à des scènes épiques, le 30 décembre 1987, le spationaute Romanenko qui revient d’un séjour de 326 jours en orbite est transformé en véritable mutant au point où celui-ci est incapable de se mouvoir seul. C’est pour pallier à ces conséquences que le spationaute Valéry Poliakov, avant son retour sur Terre le 22 mars 1995 après un séjour record de 439 jours, a suivi un programme spécial deux mois avant son retour.

C’est à bord de Mir, alors en orbite depuis six ans, que le spationaute Krikaliov, parti le 18 mai 1991, vivra la chute du gouvernement qui l’y a envoyé, ce fut la fin de l’Union Soviétique. Faute de moyens et surtout d’organe de décision, sa mission durera dix mois au lieu des cinq prévus à l’heure de son départ. Pour ces dix mois, Krikaliov recevra une prime de 150.000 roubles soit 7.500 francs.

L’été 1995 aura vu franchir un pas dans la construction d’une future station orbitale internationale. En effet, Russes et Américains ont, pour valider le processus de collaboration, montré d’une façon éclatante qu’ils étaient capables de travailler ensemble en organisant une rencontre spatiale entre Mir et la navette spatiale américaine Atlantis. Cette rencontre, effectuée à une altitude de deux cent quatre vingt treize kilomètres d’altitude, a permis de créer les conditions de cette future collaboration en profitant de l’expérience russe en matière de séjour orbital et américaine avec leur « camion de l’espace ».

Le 23 mars 2001 verra la fin de la station Mir avec un ballet de débris précipités dans l’Océan Pacifique, spectacle dont profiteront bien peu de personnes.

Bibliographie